Il est difficile d’agir seul sur la qualité de l’air extérieur, même si chacun de nous a son rôle à jouer. Avoir une maladie respiratoire, c’est aussi être hypersensible aux aléas du climat, car nos poumons sont des plaques sensibles qui n’aiment pas les extrêmes : trop de froid, trop de chaleur, trop d’humidité, trop de vent et nous le ressentons. On peut malgré tout se protéger au mieux quand c’est nécessaire.
D’où provient la pollution extérieure ?
Les émissions de gaz et de particules dans l’atmosphère ont deux sources majeures :- Les phénomènes naturels que sont les pollens de plantes, les éruptions volcaniques, les brumes de sable, les incendies de forêts…
- Les activités humaines liées aux industries, aux transports, à l’agriculture, au chauffage résidentiel, au jardinage… Un exemple : brûler 50 kg de végétaux à l’air libre émet autant de particules qu’une voiture à moteur Diesel récente qui parcourt 13 000 kms !
- Une fois émises dans l’air, ces substances polluantes sont transportées par les vents, la pluie, et suivant le degré de température dans l’atmosphère, jusqu’à des milliers de kilomètres de la source d’émission. Un exemple : un méga-feu au Canada peut polluer l’air en France !
Des émissions aux concentrations
Suite à leur émission, ces molécules peuvent se concentrer et ont alors des effets néfastes sur la santé humaine. Les impacts sont particulièrement importants sur les personnes sensibles comme les enfants, les personnes âgées, les fumeurs, les malades du cœur ou des poumons ou encore les personnes asthmatiques. Que ressentent ces personnes ?
- Des effets immédiats après une exposition de courte durée (pics de pollution), comme des irritations oculaires et de la peau, des inflammations des voies respiratoires, de la toux, des crises d’asthme. Les exacerbations des troubles cardio-vasculaires et respiratoires peuvent conduire à une hospitalisation.
- Des effets à long terme après des expositions tout au long de la vie. Les polluants de l’air peuvent contribuer à l’apparition ou à l’aggravation de maladies chroniques telles que : cancers, pathologies cardiovasculaires et respiratoires, troubles neurologiques, troubles du développement, etc…
Contrairement aux idées reçues, les pics de pollutions ne sont donc pas les seuls épisodes problématiques. L’exposition au long cours et quotidienne impacte encore davantage notre santé.
La pollution extérieure et la météo
La pollution extérieure se combine également avec la météo du jour pour un effet démultiplié sur les malades respiratoires. Selon la direction du vent ou son absence, les polluants stagneront ou s’éloigneront. La forte chaleur sera souvent associée à la présence d’un gaz qui est l’ozone. Ce ne sont que des exemples. On peut être tenté d’ignorer tout cela car ce n’est pas rassurant. Pourtant, il y a une manière d’y faire face au mieux pour notre santé. Voyons comment !
- Surveiller chaque jour le niveau de pollution et la météo en vue d’adapter son activité selon la situation du jour. Voir plus loin les applications mobiles utiles.
- Lors d’un pic de pollution, on peut décider de ne pas sortir ou le moins longtemps possible, et surtout éviter de faire de l’exercice en extérieur. Privilégier plutôt l’intérieur, pour une promenade dans un centre commercial ou une activité physique à domicile.
- En cas de pollution à l’ozone, éviter les sorties l’après-midi quand l’ensoleillement est au maximum
- Si la qualité de l’air est mauvaise veiller aussi à limiter le temps des enfants passé à jouer dehors. Les jeunes enfants respirent deux fois plus rapidement et absorbent plus d’air, et donc de particules nocives.
- Même quand les prévisions de qualité de l’air sont favorables, mieux vaut s’éloigner des axes routiers les plus passants, des embouteillages pour privilégier les espaces verts et les promenades en dehors des heures de pointe.
- Eviter les activités susceptibles d’entraîner un essoufflement (c’est-à-dire une respiration par la bouche).
- Respirer le plus possible par le nez qui est un bon filtre à particules.
- Continuer à aérer son logement 2 fois 10 minutes par jour, de préférence côté cour et en fin de matinée en hiver ou la nuit en été. Aérer même les jours de pollution afin d’éviter de cumuler pollution intérieure et pollution extérieure.
- Trop de froid, trop de chaleur, trop de vent ou trop d’humidité, nos poumons réagissent immédiatement car ils n’aiment pas les extrêmes ! Là encore, adapter ses pratiques pour se protéger au mieux.
- Surveiller l’apparition de gêne respiratoire : fatigue, nez bouché, mal de gorge, toux, essoufflement, sifflements, palpitations…
- Le médecin peut modifier notre traitement pour ces journées plus délicates. Lui demander conseil à la prochaine consultation.
Et en cas de pic de pollens ?
Avec le réchauffement climatique, la saison pollinique commence plus tôt et se prolonge davantage, s’étalant désormais sur une large partie de l’année. La charge en pollens a par ailleurs augmenté (graminées, arbres…) et l’on constate un effet cocktail entre pollens et pollution chimique ambiante. Pour les personnes très sensibles, qui seront de plus en plus nombreuses dans les prochaines années, il peut alors être nécessaire d’adapter son quotidien et ses habitudes en fonction des pics polliniques annoncés.
Pour limiter l’exposition aux pollens et prévenir les allergies, plusieurs gestes peuvent être adoptés au quotidien.
- Porter des lunettes à l’extérieur permet de protéger les yeux.
- À pied ou à vélo, mieux vaut privilégier les itinéraires les moins exposés à la circulation, afin de réduire l’exposition à la pollution.
- En voiture, garder les vitres fermées limite l’entrée des pollens et des particules.
- Mieux vaut éviter les activités en plein air telles que la tonte de la pelouse ou l’activité physique lors des pics polliniques.
- Se rincer les cheveux chaque soir aide à éliminer les pollens accumulés dans la journée.
- Il est également recommandé de ne pas faire sécher le linge à l’extérieur, afin qu’il ne retienne pas de pollens.
- Enfin, aérer le logement dix minutes par jour, de préférence tôt le matin ou tard le soir, permet de renouveler l’air intérieur tout en limitant l’entrée des pollens.
Des applications mobiles, simples, gratuites et fiables
Reco Santé On peut choisir la fréquence d’envoi de la notification ou du mail et recevoir des recommandations personnalisées : qualité de l’air, risque d’allergies au pollen, indice UV, vigilance météo, afin de pouvoir directement adapter son comportement.
Atmo est la fédération des associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) en France.
Qu’est-ce que l’indice ATMO ? Un indice de couleur sur le niveau de la pollution de l’air ambiant, et les concentrations des cinq principaux polluants atmosphériques. Pour toutes les villes de plus de 100 habitants.
L’indice pollen : Vous trouverez également sur Atmo, une cartographie en temps réel de la présence de pollens sur l’ensemble du territoire métropolitain. A terme, l’intégration des territoires d’outre-mer est prévue.
Plume Labs donne accès aux niveaux de pollution en temps réel autour de chez soi et aux prévisions détaillées de l’évolution de la qualité de l’air dans les trois prochains jours. Tout cela dans le monde entier et dans votre rue.
Air to go offre des prévisions fines, disponibles pour chaque heure, avec un degré de précision allant jusqu’au niveau de la rue. Cela permet de choisir l’itinéraire le moins pollué pour les sorties en extérieur, notamment à pied.
Météo France, service météorologique et climatique national est un établissement public de l’Etat.
Quelques pistes pour éviter de polluer l’atmosphère
- Éviter le chauffage au bois.
- Utiliser son chauffage à une allure réduite. Mieux vaut porter un pull de plus que de pousser son appareil.
- Respecter l’interdiction de brûler les déchets verts et mettre en place des alternatives telles que le compostage et le broyage. Voir l’association Réseau Compost Citoyen qui propose des solutions non polluantes.
- Privilégier l’utilisation d’un barbecue électrique ou au gaz plutôt qu’au charbon de bois.
- Privilégier les transports en commun, les modes doux (marche, trottinettes ou vélo), le covoiturage , l’autopartage et le télétravail.
- Adapter sa manière de conduire (moins vite, moins brusque). Favoriser une conduite qui peut réduire de moitié la consommation de carburant (voir l’application Géco Air). Entretenir régulièrement son véhicule.