De quel air parle-t-on ? Quel air respirons-nous ? 16 heures par jour, soit 80 % de notre temps, nous le passons à l’intérieur dans des lieux fermés, dans nos logements mais aussi dans les bureaux, les établissements scolaires, les magasins, les transports collectifs ou individuels….
La qualité de l’air que l’on y respire influence grandement notre santé et notre confort respiratoire. Alors, quels comportements adopter, quels équipements installer pour pouvoir respirer un air de qualité ? Les réponses dans cet article.
Pourquoi parler de pollution intérieure ?
Les bâtiments sont de mieux en mieux isolés, de plus en plus calfeutrés. On évite ainsi la fuite vers l’extérieur de précieuses calories et on améliore l’efficacité énergétique de nos bâtiments. En contrepartie, le renouvellement de l’air intérieur repose essentiellement sur la ventilation et elle n’est pas toujours suffisante pour éliminer les polluants intérieurs.
Des produits se concentrent alors dans le logement, nocifs par nature (comme la fumée) ou par les effets de leur accumulation (comme l’humidité). Le résultat ? L’air intérieur peut être de moins bonne qualité que l’air extérieur, parfois très nettement. Jusqu’à cinq fois plus pollué que l’air extérieur ! On retrouve en effet dans les locaux l’air extérieur auquel viennent s’ajouter les polluants de l’air intérieur.
Les sources de pollution intérieure
- Les moisissures : la 1ère source de pollution dans le logement. Parfois invisibles, derrière une tête de lit ou un papier peint par exemple.
- Le tabac : plus de 4000 substances dangereuses dans la fumée de tabac.
- Produits ménagers : beaucoup de composés chimiques nocifs y sont présents.
- Produits de bricolage : peintures, colles, solvants, vernis, vitrifiant, cires, décapants, diluants, laques pour les plus courants.
- Moquettes et revêtements de sols : contiennent beaucoup de composés chimiques nocifs pour notre santé.
- Acariens : ils préfèrent les logements chauds et humides.
- Poils d’animaux : il faut y ajouter les cafards et les blattes.
- Appareils à combustion : chaudières cheminées, poêles…
- Plantes d’intérieurs : l’arrosage favorise les moisissures
- Parfums d’intérieurs : bougies parfumées, encens, sprays désodorisants…

Les règles d’or pour assainir son air intérieur
Aérer et ventiler
- Aérer quotidiennement 5 à 10 minutes le matin et le soir.
- Veillez à ce qu’il y ait toujours un espace d’environ 2 cm sous vos portes intérieures pour permettre à l’air de circuler.
- Ne jamais boucher une entrée d’air ou une bouche d’extraction et nettoyez-les régulièrement pour éviter que les produits nocifs soient mal évacués et restent dans l’air intérieur.
- Ouvrir les fenêtres après avoir pris une douche, cuisiné, passé l’aspirateur, fait le ménage, bricolé…
- Ne jamais éteindre la VMC (ventilation mécanique contrôlée) et nettoyez une fois par trimestre les bouches d’extraction et les bouches de soufflage
ASTUCE : pour savoir si la VMC fonctionne bien, placer une feuille de papier toilette devant la bouche d’extraction d’air (dans la cuisine, la salle de bains, les toilettes), elle doit être attirée vers la bouche. Bien tenir la feuille par un coin pour qu’elle ne soit pas aspirée !
Évacuer l’humidité excessive
Si des moisissures apparaissent sur vos murs ou sur les plafonds, c’est que votre logement est trop humide. Ne les laissez pas se développer, elles sont néfastes pour votre santé. Nettoyez-les dès les premières traces de leur apparition et recherchez la cause (par exemple fuites d’eau, capillarité, infiltration, etc.). Si de la condensation apparaît sur vos fenêtres, c’est que la ventilation de votre logement est insuffisante. Dans tous les cas :
- Aérer pendant et après les activités qui produisent beaucoup d’humidité (bain, douche, lessive, cuisson, etc.) ;
- Mettre un couvercle sur les casseroles lorsque vous cuisinez et activez la hotte aspirante ;
- Faire sécher le linge le plus souvent possible à l’extérieur ou dans une pièce bien ventilée.
Si vous faites déjà tous ces gestes mais que votre maison reste humide, le système de ventilation est à revoir et il fait en rechercher la cause. Votre air intérieur n’est certainement pas assez renouvelé.
Repenser ses habitudes de nettoyage
Quelles pratiques peuvent nous vous aider à assainir notre intérieur, tout en préservant la planète et la santé de tous les habitants de la maison.
- Nettoyer le plus souvent possible sans produits chimiques avec de la vapeur, des chiffons humides ou en microfibres. Le nettoyage des vitres et des sols à l’eau très chaude ou à la vapeur est bien souvent suffisant. Privilégier des produits de nettoyage simples : savon noir liquide, vinaigre blanc, bicarbonate de soude.
- Si vous fabriquez vous-même vos produits ménagers, limitez le nombre d’ingrédients et les quantités d’huiles essentielles.
- Ne vaporisez pas de produits en spray qui pénètrent facilement dans les poumons. Les produits odorants ou parfumés (parfums d’ambiance, désodorisants, produits à base d’huiles essentielles…) dégagent tous des COV (dont certains peuvent être toxiques).
- Et pour les quelques produits ménagers achetés, sélectionner ceux qui ont un label environnemental.
- L’eau de javel est à utiliser avec beaucoup de modération. En France, 7 ménages sur 10 en utilisent. Or, dans les foyers qui ont recours à l’eau de javel, les enfants et les personnes fragiles ont plus de risques de développer des infections respiratoires. Enfin, elle est néfaste pour l’environnement, notamment quand elle est rejetée dans les eaux usées et on peut le dire de la plupart des produits vendus.
Décorer son logement avec des produits bien classés
L’étiquette « Émissions dans l’air intérieur » signale le niveau d’émission en COV (Composés Organiques Volatils) des cloisons, panneaux, moquettes, papiers peints, peintures, isolants, vernis, colles, adhésifs… Le niveau d’émission est indiqué sur une échelle allant de A+ (émissions faibles) à C (émissions fortes). De plus en plus de produits sont disponibles en A+. Pour les peintures, le mobilier, les matelas… acheter de préférence des produits portant un label environnemental. Consulter le site de l’ADEME, agence officielle, qui a sélectionné les meilleurs labels environnementaux.
Eviter les bougies et l’encens
Leur combustion dégage de nombreux polluants (CO2, COV, formaldéhyde, hydrocarbures aromatiques polycycliques). De plus, on relève des concentrations de particules élevées dans les logements après utilisation de bougies et d’encens. Il est indispensable d’aérer après leur utilisation.
Ne pas trop miser sur les plantes dépolluantes et les purificateurs d’air
L’efficacité des plantes pour dépolluer l’air dans les logements n’est pas prouvée. Et attention aux personnes allergiques : choisir des plantes d’intérieur qui ne disséminent pas de pollens allergisants et dépourvues de sève irritante.
Les tests menés sur les purificateurs d’air ne montrent pas toujours une efficacité en conditions réelles d’utilisation. Ils peuvent en outre dégager des produits potentiellement nocifs. Il n’existe pas de normes permettant de vérifier les performances et l’innocuité de ces appareils, mieux vaut chercher à limiter les pollutions et…aérer tous les jours.
Faire un diagnostic de son logement
- Le site de l‘ADEME propose un diagnostic grâce à cet outil gratuit : « Un bon air chez moi ».
- Une exposition répétée et durable, même à des doses de polluants très faibles, peut aggraver ou être à l’origine de pathologies chroniques ou de maladies graves (maladies et allergies respiratoires, hypersensibilité bronchique, diminution de la capacité respiratoire, cancers). Ces effets sont difficiles à étudier car ils apparaissent bien longtemps après l’exposition. Trouver le ou les polluants responsables est souvent complexe.
- Si vous avez souvent des problèmes ORL ou pulmonaires ou que vous avez des allergies, vous pouvez bénéficier, sur prescription médicale, d’une enquête sur la qualité de l’air à votre domicile, effectuée par un conseiller médical en environnement intérieur (CMEI)